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L’OPPORTUNISME, LA TOITURE ET LA DOUBLE-OSSATURE (1ère partie)


Bulletin de diffusion octobre 2021


Comme rarement on peut le faire dans des projets conventionnels, Auvergne laboratoire vivant permet de requestionner le détail d’architecture jusqu’à sa réalisation, et de l’adapter, le réviser… sans rendre des comptes à qui que ce soit !

Une partie des toitures des pavillons d’Auvergne repose sur un massif de Cross laminated timber (CLT), alors qu’une autre sur la double-ossature légère. On discutera ici de la double-ossature et des stratégies d’emplacement des matériaux.


Utilisation de la double-ossature appliquée aux toits


La littérature traitant de la double-ossature vante les mérites d’une diminution des ponts thermiques et d’un espace (très) généreusement isolé pour atteindre des résistances thermiques grandissimes. On la retrouve surtout au niveau des murs.

J’expérimente pour ma part la double-ossature appliquée aux toits, car elle permet de faciliter la continuité des plans isolants et le passage des plans d’étanchéité. Elle permettra aussi de réaliser des rives de toits de façon simple, en s’assurant d’une continuité complète des plans d’étanchéité et de pratiquement éliminer les ponts thermiques à la rive.


Les trois photos montrent :

  1. la mise en place des poutrelles (ossature inférieure) ;

  2. la pose du plan d’étanchéité air/vapeur ;

  3. la mise en place de la deuxième ossature entrecroisée pour créer la barrière thermique.


Le développement du détail


Avec l’aide de ma collègue Luca Ferrara, de UL et d’outils de simulation, nous avons expérimenté diverses approches d’isolation, de simple (T2) et de double-ossature (T1) pour en conclure que de dégager complètement l’intérieur les poutrelles de toute isolation assureraient une performance accrue contre les risques de condensation, tout en optimisant le pouvoir d’assèchement de l’ensemble.



L’étude de simulation démontre qu’en considérant des humidités initiales élevées, un toit dont la charpente est totalement recouverte par tous les plans d’étanchéité tel que T1 permet à l’humidité de s’assécher rapidement à travers les matériaux. Ainsi, le risque de contamination fongique est très faible, contrairement à T2, dont le pouvoir d’assèchement est plus laborieux, et ce, compte tenu de la position des matériaux. Le séquençage des matériaux selon leur perméance constitue évidemment la clé du succès.



Au-delà des considérations théoriques, la mise en place des plans d’étanchéité, particulièrement à la rive de toit, s’avérera beaucoup plus simple avec T1. Toutefois, une toiture T1 imposera sa hauteur en surélevant l’isolation. Une telle avenue constitue toutefois une opportunité de créer des espaces intérieurs plus vastes, lorsque l’exposition de la structure peut être envisagée.


Le toit T1 aura servi de base à l’ensemble des toitures des deux nouveaux pavillons. On verra lors de la prochaine infolettre comment l’opportunité d’utiliser une double-ossature a pu permettre d’améliorer la mise en place du système pare-air, passant par une adaptation au chantier.