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La rentrée d’automne : Pour une vision plus globale de l’enveloppe du bâtiment


Bulletin de diffusion septembre 2022



L’été m’a permis de jeter un second regard sur l’enveloppe...


Ma pratique et les cours que je monte m’amènent parfois à (trop) me voir comme un chirurgien du bâtiment, un spécialiste de la médecine de l’enveloppe. Les exigences, certifications, accréditations et autres associations m’amènent parfois à (trop) voir l’architecture comme des pointages, des scores, des chiffres, encouragés par la quête d’une « pratique exemplaire ».


Rembrandt (1606-1669) La leçon d’anatomie du Docteur Tulp, 1632


Et puis, c’est comme si l’essentiel n’était plus visible, c’est comme si le projet global devient des petits morceaux qu’on colle ensuite tant bien que mal…

  1. Les matériaux et les systèmes se confondent et sont souvent réduits à « la peau » de l’enveloppe, extérieure ou intérieure, en négligeant l’interne;

  2. Il y a encore peu d’outils d’usage répandu qui permettent de comprendre, d’analyser et de remettre en question la performance globale, voir « l’efficience » que ce soit à l’édification durant la vie en service ou au moment de réhabiliter.

Ces situations et mes états d’âme me portent à croire en l’existence d’un malaise révélateur, d’un certain vide « technique » dans le processus de décision, d’intégration et d’impact entre les exigences entre-elles. Un vide qui démontre d’autant plus fortement la pertinence d’utiliser des outils de travail qui tiennent compte à la fois de l’ensemble des considérations sociales, techniques et climatiques et de la performance en service des enveloppes. C’est un peu mon retour vers la boussole électorale partagée dans mes communications de l’an dernier.


La science du bâtiment reconnaît que l’enveloppe du bâtiment comprend l’ensemble des matériaux et des sous-systèmes intégrés au bâtiment dans son interface avec l’extérieur. Cette exégèse de l’enveloppe oblige ainsi à une appréciation, non pas superficielle des matériaux, mais en profondeur des assemblages. Elle oblige aussi à une réflexion sur les interrelations entre les composants, les systèmes et l’ensemble des conditions extérieures et intérieures, ce que Hartkopf et al. (1986) appelaient la transdisciplinarité.


La notion d’enveloppe est étonnamment traitée, dans les livres, sur nos dessins comme au chantier, en fragments : une fenêtre, une pièce de bois, une corniche… Ce n’est donc pas l’enveloppe qui participe au processus de développement, mais bien plus ses matériaux pris isolément. On évalue chaque morceau qui est en place, sans nécessairement comprendre les interrelations qui existent entre eux, alors que l’enveloppe est justement une succession de composants interagissant entre eux dans un environnement donné.


Au-delà des aspects physiques et visuels, le contexte comprend l’interaction avec l’environnement naturel, les pratiques sociales ou spirituelles passées ou actuelles, les coutumes, le savoir traditionnel, l’usage, les activités et d’autres formes ou expressions tenant du patrimoine culturel immatériel qui a créé et façonnent l’espace ainsi que le milieu culturel, social et économique actuel et dynamique.

Charte Icomos (2005)



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