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Efficacité et inertie thermique – partie 2


Bulletin de diffusion novembre 2022


ANALYSE D’UNE PAROI VERTICALE DE L’ENVELOPPE


La dernière infolettre mettait la table pour une certaine analyse en lien avec l’inertie thermique, que j’avais définie comme étant la résistance d’un matériau ou d’un assemblage au changement de température, lorsqu’il n’est pas en condition d’équilibre thermique. Qu’en est-il de l’inertie thermique dans un mur extérieur, en climat nordique ? Le mur conventionnel


L’isolant de chanvre et les panneaux de fibres de boi


s comportent tous deux des propriétés significatives d’inertie permettant le stockage et la restitution subséquente d’énergie. On pourrait donc considérer qu’ils sont avantageux pour une telle utilisation. Ceci est sans compter que, de toute évidence, pour que déphasage et restitution se fassent, il faut un gain d’énergie, donc une hausse de température. La logique même d’un mur standard de ce type et les lectures de monitorage effectuées sur ce type d’assemblage démontrent qu’il n’y a aucun transfert significatif de chaleur, car la température de la laine de chanvre ou de la fibre de bois ne s’élèvera jamais au-dessus de la température ambiante de surface des parois.

Cette condition est typique de nos assemblages nordiques avec isolation : la situation serait tout autrement dans un climat du sud où le chanvre puiserait sa chaleur du soleil et la restituerait à l’intérieur.

Aussi, la situation est tout autrement dans un mur de masse, à l’instar des murs de maçonnerie massive que l’on construisait encore ici jusque dans les années 1940.



Le mur massif

Contrairement au mur conventionnel, dont les plinthes électriques n’affecteront sa température qu’en surface (gypse intérieur) et qu’aux seules périodes de chauffage. Le mur massif, fait de matériaux de relatives faibles diffusivité et effusivité (telle que la brique d’argile de remplissage, moins cuite que la brique de parement), captera, en grande partie par radiation, l’énergie dissipée par le chauffage intérieur longeant les parois et aussi par rayonnement solaire. Plusieurs études menées du temps du CLEB[1] dans des écoles ont montré des gains de température dépassant 45oC dans les parois, et des périodes de déphasage atteignant 5 à 6 heures.

En fait, le déphasage thermique n’est possible que lorsque qu'un gain thermique puisse se faire dans les matériaux ou les systèmes qui sont propices au stockage de la chaleur… ça semble évident, et pourtant ce n’est pas si clair lorsqu’on nous vante certains matériaux.

J’ai poussé ma petite recherche la semaine dernière, dans le cadre des micro-ateliers qui se sont déroulés ici même à Sainte-Christine d’Auvergne, sur des parois de béton isolées, recouvertes ou non de gypse. Je vous fais part de mes constats pour décembre !

[1] Du temps ou je dirigeais les équipes d’expertises et de consultation, vers 2015.

Le contenu de ce document se base sur des observations limitées et ne lie que son auteur. Vous avez des commentaires ou des divergences de point de vue avec l’infolettre ? M’en faire part afin de mieux partager tous et toutes la science du bâtiment.


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